
Alors que la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) entre en vigueur au Québec, les entreprises font face à des hausses tarifaires spectaculaires. Pourtant, derrière cette apparente contrainte se cachent des opportunités stratégiques pour les entreprises agiles.
Le choc de la REP
La transition écologique a un coût, et les entreprises québécoises en font l'expérience brutale en ce début 2025. Comme le constate l'article de Radio Canada, chez Les Chocolats Vadeboncœur, Madame Angèle Vadeboncœur voit sa facture d'Éco Entreprises Québec (EEQ) bondir de 250%, tandis que Élisabeth Bélanger, PDG et propriétaire de la Maison Orphée, encaisse une hausse de 80%. Ces augmentations vertigineuses illustrent la réalité d'une transformation nécessaire mais douloureuse de notre système de gestion des emballages.
Pourtant, derrière ces chiffres qui donnent le vertige se cache une opportunité stratégique que trop peu d'entreprises ont identifiée. En effet, EEQ a mis en place un système de bonus qui pourrait réduire jusqu'à 50% la facture des entreprises proactives. Dans un contexte où chaque dollar compte, cette information vaut son pesant d'or.
Des bonus pour transformer la contrainte
Prenons l'exemple d'une entreprise moyenne du secteur agroalimentaire payant 100 000$ en frais EEQ. En adoptant une approche stratégique d'écoconception, cette même entreprise pourrait réduire sa facture de moitié. Comment? Le programme offre quatre axes d'intervention, chacun pouvant générer un bonus de 20% :
la réduction de matière,
l'approvisionnement responsable,
l'amélioration de la recyclabilité,
la communication environnementale.
La vraie nouvelle n'est pas tant dans l'augmentation des coûts - bien que spectaculaire - mais dans la transformation profonde qu'elle impose à notre industrie. Les entreprises qui sauront naviguer cette transition en sortiront plus fortes. Par exemple, une réduction de seulement 3% de la masse d'un emballage peut déclencher un bonus de 20%. Pour une entreprise comme Les Chocolats Vadeboncœur, cela représenterait une économie significative, tout en améliorant son empreinte environnementale.
L'écoconception comme stratégie gagnante
L'approvisionnement local prend également une nouvelle dimension stratégique. Avec un bonus de 20% accordé aux entreprises utilisant 75% de matériaux québécois, la proximité devient un avantage économique tangible. Cette mesure pourrait redessiner les chaînes d'approvisionnement de notre industrie agroalimentaire.
Mais attention aux fausses solutions. Le PLA et autres plastiques dits "compostables" sont exclus du programme, un signal clair que l'avenir n'est pas dans les alternatives miracle mais dans une refonte intelligente de nos pratiques d'emballage.
Ce qui manque cruellement aux entreprises n'est pas tant la volonté de changement que l'expertise technique pour le réaliser. L'écoconception n'est pas un art divinatoire - c'est une science qui requiert des compétences spécifiques. C'est ici qu'intervient un acteur clé trop souvent négligé : l'expert en écoconception. Son rôle ? Transformer une dépense en investissement rentable.
Au-delà des frontières
Les défis de l'importation
Un aspect crucial de cette transition écologique concerne les entreprises hors Québec qui commercialisent leurs produits sur le territoire. La REP ne fait pas de distinction géographique : si vous vendez au Québec, vous êtes assujetti aux mêmes obligations que les producteurs locaux. Pour les entreprises n'ayant pas d'adresse au Québec, c'est le premier importateur qui devra s'acquitter de ces coûts - une situation qui pourrait rapidement éroder l'avantage concurrentiel des produits importés.
L'exportation comme opportunité stratégique
L'écoconception des emballages n'est plus seulement une nécessité pour le marché québécois, elle devient un atout stratégique pour l'exportation. Le marché européen, en particulier, avec ses normes environnementales strictes, représente une opportunité unique pour les entreprises québécoises ayant déjà adapté leurs emballages. Cette avance dans l'écoconception permet non seulement de réduire les coûts locaux liés à la REP, mais aussi de se positionner avantageusement sur les marchés internationaux où les exigences environnementales ne cessent de se renforcer.
Le message est clair : le temps de l'attentisme est révolu. Les outils sont là, les experts sont disponibles, et le financement existe - mais pas indéfiniment. La vraie question n'est plus de savoir si nous devons changer, mais à quelle vitesse nous pouvons nous adapter pour transformer cette contrainte réglementaire en avantage concurrentiel durable.
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